Le geste antidémocratique posé par Stephen Harper
Les Canadiens sont déçus à juste titre par la décision antidémocratique prise par Stephen Harper de proroger le Parlement. Alors que nos soldats combattent en Afghanistan, que le pays pâtit encore de la récession et qu’une crise climatique nous pend au bout du nez, Stephen Harper fait passer ses optiques étroites et partisanes avant le bien-être du Canada.
Après la fermeture abrupte du Parlement, nombreux sont ceux qui se sont demandé ce que cette prorogation entraînait, pourquoi elle avait eu lieu et ce qu’on pouvait faire pour éviter que cela ne se reproduise?
Il est clair que Stephen Harper voulait éviter d’avoir à rendre des comptes dans le dossier des détenus Afghans et qu’il tenait à « remanier » les comités sénatoriaux à son avantage. Il espérait que les Canadiens ne s’en rendraient pas compte, ou pis encore, qu’ils ne s’en soucieraient pas. Mais de toute évidence, il avait tort.
J’ai en effet reçu près d’un millier de messages de gens des quatre coins du pays protestant contre la prorogation et réclamant que le gouvernement rende des comptes.
Pourquoi les Canadiens se soucient-ils de cette situation? C’est parce que le rôle fondamental d’un parlement consiste à adopter des lois et à demander des comptes au gouvernement. Or, pour que le gouvernement rende des comptes, encore faut-il que les citoyens puissent s’y adresser par l’entremise de leurs représentants élus. Pouvoir tenir le gouvernement responsable de ses actes est en effet essentiel au fonctionnement de toute démocratie, et lorsque l’on prive la population de ce droit, c’est la principale fonction de notre démocratie qui en souffre.
Il importe aussi de souligner qu’avant la prorogation, le gouvernement a refusé de se conformer à un ordre de la Chambre des communes lui demandant de remettre les documents concernant les mauvais traitements infligés aux détenus afghans. Une motion adoptée par un comité demandant ces mêmes documents a subi le même sort. Plus tard, les députés du gouvernement ont boycotté les réunions du comité spécial mandaté par le Parlement pour surveiller la mission en Afghanistan.
Les raisons futiles que le gouvernement a données pour justifier la suspension des travaux du Parlement ne sont bien sûr pas crédibles. Les conservateurs ont commencé par dire qu’ils voulaient une pause pour pouvoir profiter des Jeux olympiques, puis ils ont même avancé que la démocratie nuisait à l’économie. Les conservateurs pensent-ils que les Canadiens sont naïfs?
Alors que pouvons-nous faire pour protéger nos institutions démocratiques? Nous devons nous faire entendre comme beaucoup de Canadiens l’ont déjà fait. J’ai configuré une page dans mon site Internet en vue de garder le contact avec les électeurs dans ce dossier. Si vous voulez signer une pétition contre la prorogation, allez à l’adresse www.pauldewar.ca et dites à Stephen Harper de cesser d’utiliser la prorogation à des fins partisanes.
Nous devons aussi réformer nos procédures parlementaires et renforcer notre démocratie. Dans les semaines qui viennent, mes collègues néo-démocrates et moi-même allons présenter des propositions visant à obliger de nouveau le gouvernement à rendre des comptes.
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