Préserver l’intégrité de notre fonction publique
Une inquiétante tendance est en train de s’esquisser en ce qui a trait au traitement réservé par le gouvernement conservateur à l’égard de ses fonctionnaires.
Récemment, le gouvernement s’en est pris à des fonctionnaires qui avaient exprimé des points de vue contraires à son idéologie et à son opinion dans certains dossiers.
Les exemples récents sont légion. Il suffit de mentionner Munir Sheikh, qui a démissionné de Statistique Canada pour défendre la réputation de son ministère par suite de la décision aberrante des conservateurs sur la question du recensement. Il y a eu aussi le cas de Marty Cheliak, responsable du programme des armes à feu de la GRC, qui a été démis de ses fonctions parce que son point de vue sur le registre des armes à feu ne cadrait pas avec celui du gouvernement.
Dans un dossier auquel j’ai été partie prenante, Richard Colvin, un diplomate hautement respecté, a été la cible d’attaques personnelles de membres du Cabinet après avoir signalé des cas possibles de torture de détenus afghans. Parallèlement, l’ombudsman des anciens combattants Pat Stogran a affirmé que son poste n’était que de la « poudre aux yeux », ses mises en garde concernant la façon dont sont traités les anciens combattants étant restées lettre morte.
Tout gouvernement doit comprendre que les fonctionnaires sont des professionnels qui fournissent aux décideurs des avis indépendants et impartiaux à propos des politiques destinées à répondre aux besoins des Canadiens. Les fonctionnaires jouent un rôle crucial au sein de l’État; ce ne sont pas que de simples porte-parole du gouvernement en place.
Les cas de limogeage et de discrédit de fonctionnaires aux points de vue divergents sont de plus en plus nombreux, et cela devrait inquiéter tous les Canadiens. Ces façons de faire ébranlent notre système de gouvernance démocratique du fait qu’elles minent la responsabilisation et nuisent à l’évaluation des politiques à partir des faits.
Dans notre région, s’ajoute aux inquiétudes le fait que bon nombre de nos concitoyens travaillent pour la fonction publique fédérale. Selon des rapports récents, la dépression, le stress et la maladie mentale comptent pour près de 45 % de toutes les demandes d’invalidité. Il est vrai que ces problèmes de santé se retrouvent également dans d’autres secteurs, mais les attaques du gouvernement à l’égard de ses professionnels n’améliorent en rien la situation. Nombre de fonctionnaires m’ont en effet confié qu’ils étaient découragés par la façon dont ils sont traités par le gouvernement.
En ma qualité de député, l’une de mes priorités pour la prochaine session parlementaire consistera à préserver l’intégrité et l’indépendance de notre fonction publique.
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